La marche peut se faire longue et aride sous le soleil… la fatigue se faire sentir ainsi que le désir de boire de l’eau… fraîche si possible ! Oui, il fera bon s’asseoir au bord d’un puits tout proche ! Allons… tiens quelqu’un nous y attend ! Sa seule présence avive, dans le cœur, une autre soif, qui est-il donc ?
Bonjour !
Nous voici au 3e dimanche de Carême : une nouvelle étape pour les catéchumènes qui recevront le baptême durant la nuit pascale. En effet, les 3e ,4e et 5edimanches, l’Église célèbre avec eux les « scrutins », c’est-à-dire qu’elle les invite à se mettre sous le regard de Dieu qui, selon l’Écriture, scrute les reins et les cœurs (« Dieu ne regarde - scrute - pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le coeur » 1 Samuel 16,7) . Chacun de nous est aussi invité à se laisser « vérifier » par la Parole de Dieu et à faire la vérité.
Lors de ces trois dimanches, nous rencontrerons 3 personnages de l’Évangile de Jean qui nous dévoileront les symboles baptismaux : la Samaritaine, le don de l’eau ; l’aveugle-né le don de la lumière ; Lazare, le don de la vie.
Lectures de ce 3° dimanche : elles parlent toutes de DON, du don de Dieu
Don de l’eau au désert quand les Hébreux mouraient de soif. Du rocher frappé par Moïse, l’eau a jailli.
(Exode 17,3 -7) Selon Saint Paul (1 Cor 10,4), le rocher était, à l’avance, l’image du Christ offrant l’eau qui désaltère à jamais
Mais les Hébreux ont murmuré contre Moïse et se sont révoltés contre Dieu. Méditons le beau psaume 94 qui nous invite à ouvrir nos cœurs pour être capable, comme la Samaritaine, de recevoir le don que Dieu veut nous faire aujourd’hui. « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
Ne fermez pas votre cœur comme au désert… » (psaume 94)
Don plus merveilleux de l’eau vive à la Samaritaine.( Jean 4, 5-42) Cette eau qui sortira du côté de Jésus en croix, frappé par la lance du soldat (Jean 19,34)
Le passage de la lettre aux Romains ne parle pas d’eau, mais il est question de quelque chose qui, grâce au Christ, a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné : l’amour de Dieu.
Autour du puits de Jacob (Jean 4,5-42) : une rencontre imprévue et décisive …
Après le désert et la montagne, c’est la margelle d’un puits qui est, en ce dimanche, le lieu de la rencontre avec le Christ.
Un puits, ce n’est pas seulement un endroit où l’on vient chercher de l’eau ; c’est aussi un lieu de rencontre autour duquel se nouent des alliances (pensons à Isaac, Jacob, Moïse …)
Nous ne sommes plus en territoire juif, mais en Samarie, région du centre de la Palestine considérée comme schismatique et hérétique. À la suite d’une histoire compliquée, les Samaritains sont devenus une population mélangée d’Israélites du Nord et de colons étrangers qui ont apporté avec eux leurs dieux. La religion samaritaine n’est pas pure : elle associe l’adoration du vrai Dieu au culte des idoles. Les Samaritains attendent un Messie justicier qui mettra fin au schisme juif. Ils se considèrent cependant comme de vrais Israélites (« notre père Jacob »). Jacob, surnommé Israël après sa lutte avec Dieu (Genèse 32,29), est le père de
12 fils qui sont à l’origine de 12 tribus constituant la Terre sainte. Il est alors bien l’ancêtre et des Juifs et des Samaritains.
Juifs et Samaritains se haïssent et ne se fréquentent pas .Un juif peut emprunter la route qui passe par la Samarie, à condition de ne parler à personne. Mais un bon juif évite de traverser le pays.
Maintenant regardons cette scène d’Évangile…
Il est environ midi, une femme vient à cette heure indue, puiser de l’eau. Elle pense être seule et voilà qu’un homme est assis sur la margelle du puits… C’est Jésus qui vient de Jérusalem et traverse la Samarie pour gagner la Galilée. Il est fatigué par la route. Je contemple Jésus, fatigué, lui la Force de Dieu… Il n’a pas fait semblant d’être homme, il a voulu partager en tout notre condition humaine.
Libre par rapport à tous les préjugés, il interpelle la femme : « Donne-moi à boire »
La femme ne cache pas sa surprise : « Comment ! Toi, qui es Juif, tu me demandes à boire à moi, une Samaritaine ? »

Jésus ne se laisse pas émouvoir par cette réaction : « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit :’donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »
La femme réplique : « …avec quoi prendrais-tu l’eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits … ? »
Jésus précise : « Tout homme qui boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissant pour la vie éternelle. »
N’est-ce pas étrange : Jésus vient de demander à boire, et maintenant il propose à la femme de lui donner de l’eau vive ? Nous sommes là au cœur de l’enjeu de cet étonnant dialogue. Jésus et la femme ne sont pas sur la même longueur d’onde, celle-ci ne comprend pas encore le vrai désir de Jésus.
La conversation se poursuit. Palier par palier Jésus va entraîner la Samaritaine dans les profondeurs du mystère de sa personne pour lui faire découvrir QUI IL EST. Un vrai parcours catéchétique.
Un tournant va se faire quand il lui dit : « Va, appelle ton mari. » - « Je n’ai pas de mari » répond la femme, elle qui en a eu cinq. Jésus l’a touchée au creux de sa blessure, avec infiniment de délicatesse. Il ne la juge pas, il ne la condamne pas, et à travers l’ouverture de cette blessure la grâce va pouvoir pénétrer, une source va jaillir.
Le dialogue s’approfondit et la femme dit : « Je le vois, tu es un prophète. » puis elle continue à questionner Jésus, et avance : « Je sais qu’il vient le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
Jésus lui dit : « Moi qui te parle, je le suis ! »
Arrêtons-nous ! Nous sommes là au sommet de la révélation que Jésus fait de lui-même. Jésus s’approprie le Nom même de Dieu : JE SUIS, ce Nom révélé à Moïse au Buisson ardent (Exode 3,14)
Cette parole avait fait basculer la vie de Moïse ; de même elle bouleverse la Samaritaine qui laisse sa cruche et s’empresse d’aller dire à ses compatriotes : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ? » Et voilà qu’eux aussi vont croire en Jésus, ils vont l’inviter à demeurer chez eux et ils vont confesser : « nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »
Incroyable : les Samaritains, ennemis des juifs, qui disent cela ! Eux qui adoraient des idoles deviennent les « vrais adorateurs » que cherche le Père. En eux, c’est déjà l’Église qui se profile à l’horizon. Telle une épouse infidèle, à l’image de cette femme, le peuple de Samarie retrouve son Époux.
Jésus est venu guérir et sauver tous les hommes, sans distinction de race et de religion. En réconciliant la femme avec son histoire personnelle, en lui offrant son amour, et bientôt en offrant sa vie pour l’humanité, il a réconcilié Juifs et Samaritains. Et il a fait d’une femme à la vie brisée, un apôtre, comme le sera Marie-Madeleine après la résurrection.
Rien n’est impossible à Dieu. Aucune vie n’est ratée, tout peut être rénové, renouvelé.
La Samaritaine a laissé Jésus sonder son cœur, voir sa misère et il l’a réconciliée avec elle-même et avec les autres ; elle est devenue une autre femme ouverte à une vie nouvelle.
Et toi ? Sais-tu que tu peux faire la même expérience dans le Sacrement de la Réconciliation ? Là Jésus te donne rendez-vous, si tu le veux…
La Samaritaine a rencontré Jésus autour d’un puits et là, il s’est révélé à elle, et il l’a révélée à elle-même.
Tu peux , toi aussi, rencontrer Jésus au « puits des Écritures », et déjà dans ce passage d’Évangile. Pendant la semaine qui vient tu pourrais relire lentement ce dialogue de Jésus et de la femme. Cette histoire, c’est un peu celle de chacun de nous. Essaye de prendre le temps de faire silence pour laisser Jésus parler à ton cœur. Pose toi la question : pour moi QUI EST JESUS ?
Tu as sûrement soif de vivre, de vivre intensément. Qu’est-ce qui t’aide à vivre ? Qu’est-ce qui te manque ?
Réalises-tu combien tu es aimé de Dieu, tel que tu es ?
Quelques intentions de prière :
pour les populations qui manquent d’eau, surtout en Afrique. Et pour que tous les habitants de notre planète s’unissent pour partager et protéger ce bien indispensable qu’est l’EAU.
pour les foules qui, en cette année jubilaire, iront à Lourdes « boire à la fontaine et se laver ». Qu’elles rencontrent le Christ, lui qui apaise toute soif.
pour la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens.
Si tu désires poser une question tu peux l’envoyer à
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Si tu veux t’adresser à une des sœurs qui écrit, indique son nom, ton message lui sera remis.
Bonne retraite !

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