Joie pour cette bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux petits, Joie parce que c’est la volonté de Dieu pour ses enfants, Joie car celui qui vient se tient au milieu de nous. Saurons-nous le reconnaître et l’accueillir ?
Lectures :
Is 61, 1-2a + 10-11
Luc 1,46-48 + 49-50 + 53-54
1 Thes. 5,16-24
Jean 1,6-8 + 19-28
Nous voici déjà à la troisième semaine de ce temps de l’Avent. C’est un peu un point culminant sur ce chemin qui conduit à Noël. Les textes de la liturgie de ce dimanche nous invitent à la joie. Dans la tradition de l’Église, ce dimanche est appelé « Gaudete », en référence à l’antienne latine qui ouvrait la célébration : « Gaudete in Domino semper ; iterum dico, gaudete » (« soyez joyeux dans le Seigneur, encore une fois, soyez toujours joyeux ».
Regardons les textes de ce jour.
La première lecture est tirée du livre du prophète Isaïe. Celui qui parle est l’envoyé du Seigneur. Il a été consacré par l’onction, oint par l’huile, geste qui authentifie sa mission, et il a en lui, l’Esprit de Dieu qui va le faire agir. Quelle est donc la mission qu’il a reçue ? Il doit annoncer une bonne nouvelle à des gens qui sont en difficultés : aux pauvres, aux blessés de la vie, aux prisonniers.
Mais du fond de ma prison comment puis-je recevoir cette parole ? Est-elle pour moi une parole d’espérance, une parole libératrice ? Etre libre, pourquoi faire ? Avec l’image de la terre et de la semence c’est un appel à la vie qui nous est offert ?
Dans l’évangile de Luc (ch 4,16-22), lorsque Jésus arrive à Nazareth et qu’il entre dans la synagogue pour faire la lecture, c’est sur ces mots d’Isaïe qu’il tombe, et il les prend à son compte : « aujourd’hui cette parole s’accomplit pour vous » dit-il. Jésus se présente donc comme cet envoyé de Dieu qui porte la bonne nouvelle, qui est lui-même la Bonne Nouvelle.
Si la péricope avait été prise dans son ensemble (v 8-9), nous aurions vu que Dieu s’engage à nouveau vis-à-vis de son peuple. Il réaffirme son alliance d’amour. Et le peuple reçoit avec un joyeux étonnement cette promesse de salut. Il se sent comme une jeune mariée, vêtue de ses plus beaux vêtements, prête à courir au devant de celui qui vient.
À ce texte magnifique, fait écho en guise de psaume de méditation, le chant du Magnificat. Chant de joie, de reconnaissance, car le Seigneur fait des merveilles dans le cœur des humbles, des petits, de ceux qui savent écouter et faire confiance. Oser le saut dans l’inconnu, l’inattendu….
Dans la seconde lecture, Paul, exhorte les Thessaloniciens à rester dans la joie, la prière, l’action de grâce. Il utilise des mots forts : toujours, sans cesse, sans relâche. Mais attention, pas n’importe quelle joie, pas une joie passagère, non une joie solide parce que fondée sur la foi. C’est pourquoi Paul invite au discernement. Discerner la valeur de toutes choses. Il s’agit de ne pas être dupe de fausses bonnes nouvelles. Et nous savons bien, qu’à certains moments de l’existence il faut une bonne dose de foi pour être toujours dans la joie et l’action de grâce…Mais Paul nous donne un encouragement puissant : « Il est fidèle, celui qui vous appelle, c’est encore lui qui fera tout cela » (v 23).
Le texte de l’évangile met en lumière, la personne de Jean-Baptiste. Cet homme à la bouche de feu (Luc 3, 1-20). Jean baptise, les foules viennent à lui pour recevoir le baptême, et écouter sa parole. Son comportement pose question. Qui es-tu ? Pourquoi baptises-tu ? Par trois fois, Jean dira : « Je ne suis pas ». « Je ne suis pas le Messie, je ne suis pas Élie, je ne suis pas le grand prophète ». Alors ? « Je suis la voix » dit humblement Jean. (Is 40,3). J’annonce celui qui doit venir, celui que vous attendez, qui est au milieu de vous, et que vous ne connaissez pas ». « Ma mission c’est de préparer le chemin, de préparer les cœurs, d’ouvrir un chemin dans le désert des cœurs. ».
Notons cet effacement de Jean. Cette attitude qui donne tout son poids à sa parole. Jean est un témoin, un authentique témoin, qui ira jusqu’à donner sa vie, sans retour sur lui-même. Remarquons aussi qu’il ne donne pas de nom à celui qu’il annonce : « Celui qui vient, qui est au milieu de vous… ». Cela peut paraître étrange. Accueillir un inconnu, est-ce que cela est une bonne nouvelle ? N’y a-t-il pas là, une invitation à dépasser nos préjugés, nos a priori ? Le salut qui nous est donné, nous vient à Noël d’un tout petit enfant, muet, dépendant. Saurons-nous reconnaître notre sauveur, nous laisser étonner, déranger, déplacer ?
La prière d’ouverture de ce dimanche pourrait nous aider cette semaine à préparer nos cœurs et nos esprits à la fête de Noël :
Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils. Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut d’un cœur vraiment nouveau.
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Découvrir un trésor de la liturgie de l’Église
Dans la Liturgie des Heures, cette troisième semaine se caractérise par le chant des antiennes « O ». À partir du 17 décembre, nous sommes invités à prier avec plus de ferveur.
Comme en carême, il y a une « semaine sainte », on pourrait dire qu’en Avent le chant des antiennes « O », joue un peu ce rôle. Sept antiennes avec le chant du Magnificat à l’office de vêpres, une pour chaque jour, jusqu’au 23 décembre
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