A quinze jours de Pâques, nous sommes tous invités à ranimer notre foi en regardant Jésus, le Fils de Dieu, qui a voulu partager toutes les expériences de l’homme. En lui, la confiance absolue envers le Père l’emporte sur le chagrin et la merveille se produit : le mort revient à la vie…
Nous voici dans la dernière étape du carême avec ce 5° dimanche. A mesure que nous approchons de Pâques, la méditation se focalise sur le thème de la résurrection, et l’évangile de Lazare vient opportunément guider notre réflexion.
La liturgie de la Parole aujourd’hui célèbre la vie nouvelle, celle que seul l’Esprit de Dieu peut donner à un peuple anéanti. C’est vraiment une image du salut que nous lisons dans la première lecture (Ezéchiel 37,12-14). Le dernier mot n’appartient pas à la mort mais à Dieu.
Le psaume 129 qui répond est une invitation à l’attente du salut de Dieu.
Ensuite, dans la deuxième lecture (Romains 8,8-11), le Christ nous appelle à la vie nouvelle après nous avoir libérés de l’emprise du péché. L’esprit de Dieu nous habite si nous appartenons au Christ.
L’évangile (Jean 11,1-45) enfin invite à la vie promise ceux qui croient que Jésus est, en personne, la Résurrection et la Vie.
Je te propose maintenant de lire le récit de Lazare dans son entier : l’évangile selon Saint Jean 11, 1-45. C’est une belle histoire, profondément humaine et où l’on peut facilement s’identifier quand on a fait l’expérience du deuil d’un être cher. En fait ce n’est pas à proprement parler une résurrection, comme d’ailleurs toutes celles évoquées dans les évangiles (petite fille de Jaïre, fils de la veuve de Naïm…). C’est un retour à la même vie qu’avant, alors que la résurrection est comprise comme un accès à un supplément de vie, à une vie absolument nouvelle, déliée de toute menace de mort.
Nous allons regarder certains passages du récit.
Marthe et Marie aimaient leur frère et il leur a été enlevé ; leur ami, Jésus n’a pu venir alors qu’elles comptaient fortement sur Lui. Elles ne savent pas qu’il a volontairement tardé, parce qu’elles en seraient scandalisées. Elles auraient voulu qu’il soit là car la vie renaît autour de Lui, sa parole remet les gens debout, elle leur ouvre les yeux et les cœurs.
Ce retard délibéré du Christ à venir auprès de celui qu’Il aime, alors que sa seule personne ferait revivre le mourant "Seigneur si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort." v21 et 32 doit nous apprendre pourquoi si souvent, dans la vie spirituelle, alors que nous appelons à l’aide, Jésus semble rester lointain et se taire. C’est qu’il lui faut nous apprendre le redoublement de l’espérance, la confiance absolue en Lui quand bien même il n’y aurait plus d’espoir humainement.
Le récit donne alors la parole au Christ "je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra." v25. Marthe a très bien compris la mission de Jésus : celui qui, dès maintenant, croit comme elle que "Jésus est le Christ, le Fils de Dieu qui vient dans le monde" v27, vit déjà dans la vie éternelle.
Et toi, crois-tu à la résurrection ? Qui est le Christ pour toi ? Tu peux te poser la question et formuler ta réponse avec tes propres mots.
Par contraste avec cette profession de foi de Marthe, l’évangile se tourne aussi vers ceux qui restent bouleversés par la mort de Lazare. En nous montrant combien Jésus partage profondément l’émotion et la souffrance de Marie et de ses amis, le récit anticipe la passion et la mort sur la croix. Face au tombeau, Jésus frémit, comme il frémira à Gethsémani, il sait ce qui l’attend. Nous voyons Jésus sensible, bouleversé et dans la préface nous lisons :
Et toi, si tu as perdu un être cher, comment vis-tu cette séparation ? Tu peux t’appuyer sur Jésus, Il connaît cette épreuve et peut t’aider à la porter.
Au trouble qui s’empare de Lui, Jésus répond par un acte de confiance en Dieu : il rend grâce à son Père pour la résurrection de Lazare et pour tout ceux qui le reconnaitront, lui, l’envoyé de Dieu "Père je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m’exauces toujours, mais si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé" v41-42. Il rend grâce avant même d’agir, Il est sûr de son Père, Il a confiance.
Cela nous interpelle sur nos demandes au Père, savons-nous assez rendre grâce avant de demander ? Sommes-nous sûrs que le Père nous exauce toujours ?
Ceux qui voient Jésus ressusciter Lazare croient mais pour combien de temps ? Croiront-ils encore quand ils verront la croix ? Ne seront-ils pas dans la foule qui réclamera sa mort ?
Et toi, et moi, qu’aurions-nous fait ?
Intentions de prière…
Ce dernier miracle de Jésus avant sa Passion nous montre sa victoire sur la mort, son ennemie ultime. Le récit nous invite vraiment à prier pour toutes les personnes en deuil, tous ceux qui souffrent. Y-aurait-il une espérance au cœur du malheur ?
Et avec les catéchumènes pour qui l’Eglise nous invite à prier fraternellement, préparons-nous déjà à célébrer durant la nuit pascale, Dieu qui a ressuscité Jésus et donnera aussi la vie à nos corps mortels par son Esprit.
Pour finir, cette prière de Didier Rimaud peut devenir tienne si tu le désires :
Et bonne fin de carême, belle route vers la joie de Pâques !
Si tu désires poser une question tu peux l’envoyer à
accueil.pradines@orange.fr .
Si tu veux t’adresser à une des sœurs qui écrit, indique son nom, ton message lui sera remis.
Bonne retraite !

Pas de reportage dans cette rubrique
Gardez le contact
La sœur hôtelière
42630 Pradines
Tél 04 77 64 80 06 entre 10h-12h ; 13h30-16h60 ; 18h-19h.
Mail accueil@abbayedepradines.com
Site internet : http://www.abbayedepradines.com