« L’annonciation » : deux personnages en conversation… Un ange et une femme Marie. Après une salutation, il lui annonce la venue d’un petit enfant dont elle sera la mère : Emmanuel « Dieu avec nous ». Marie s’interroge : qu’est-ce que cela veut dire ? comment cela se fera-t-il ? L’ange est étonné : ces humains, il faut tout leur expliquer…
Pour le 4ème dimanche d’Avent, alors que la fête de Noël est toute proche, la liturgie nous propose comme Evangile, un récit qui annonce la venue de Jésus. Cette année, nous avons l’Evangile de l’Annonciation. Ce récit très simple nous ouvre au mystère très grand de Celui qui vient. Ce texte commence avec l’arrivée d’un ange, Gabriel, et il se termine avec le départ de ce messager de Dieu. Le Seigneur cherche à rejoindre les hommes, à se faire comprendre d’eux et à entrer en dialogue avec notre humanité.
Tout se passe dans une ville inconnue jusque là des Ecritures : Nazareth, dans cette région de Galilée, la Galilée des nations, peu réputée par les juifs pieux. Nous avons, d’ailleurs, cette réflexion de Nathanaël, un bon juif pratiquant : "De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ?" (Jn1,46)
C’est là, dans cette ville, que se passe cette rencontre prodigieuse entre l’Ange de Dieu et Marie. Ils ne sont que deux. La scène est intime et personnelle mais dans l’échange qui s’établit tout un réseau d’histoire et de personnes entrent en connections.
Marie nous est présentée sous de multiples facettes : c’est une jeune fille, une vierge. Elle est accordée en mariage à Joseph, lui-même, relié à une généalogie : celle de la maison de David. Comblée de grâces, elle a cette belle parole : "Je suis la servante du Seigneur".

A cette jeune fille de Nazareth est faite une promesse : celle de la naissance d’un fils, Jésus. Sa révélation est, aussi, prodigieuse et abondante : il est fils de Marie mais, aussi, fils de Dieu, Fils du Très-Haut. Il est, aussi, fils de David : "Il recevra le trône de David, son père et son règne n’aura pas de fin". Cette carte d’identité étonnante peut s’éclairer par la 1ère lecture de ce dimanche (2Sa7,1…16) et le psaume 88 qui rappellent la promesse faite par Dieu au roi David. Cela nous fait remonter assez loin dans le temps, mille ans avant la venue de Jésus sur notre terre et nous ramène à la longue attente du peuple d’Israël du messie qui le sauvera. Toute l’histoire du salut de l’Ancien Testament est en train de basculer dans ce récit du Nouveau Testament : le Seigneur répond à sa promesse.
Nous entrons dans un temps nouveau et cela nous est donné par un autre personnage : Elisabeth, la cousine de Marie. A un âge très avancé, elle attend un fils et elle en est à son 6ème mois. Ce temps est celui d’un enfantement : voici le temps de Dieu qui n’a d’autre désir que celui de nous faire naître à une vie nouvelle.
Dans tout ce récit, Dieu est infiniment présent. Il est appelé "Dieu", mais aussi, "Seigneur" et "Très-Haut". Chaque personne de la Trinité a bien sa place : le Père et le Saint-Esprit agissant pour la venue du Fils sur notre terre.
L’ange Gabriel est assez abondant en paroles pour exprimer ce projet prodigieux de Dieu. Par contraste, Marie reste sobre. Elle est d’abord bouleversée par la salutation. Puis, elle demande : "Comment… ?" Et elle apprend qu’elle n’a rien d’autre à faire qu’à laisser faire Dieu. Alors, elle acquiesce simplement mais comme nous aimerions être capable d’une telle simplicité ! Elle dit son "oui" en humble servante du Seigneur qui accueille pleinement la Parole de Dieu.
Pour nous, ce texte est une invitation à croire que nous pouvons accueillir le projet de Dieu sur nous. Chacun de nous est invité à croire "qu’il a trouvé grâce auprès de Dieu", même si cela lui semble impossible. Mais, justement, nous ne devons pas oublier une des grandes leçons de ce texte : "rien n’est impossible à Dieu". Pour entrer dans le projet de Dieu sur nous, il n’y a rien d’autre à faire que celui d’accepter, de dire "oui". Mais ce mot n’est-il pas difficile à dire au fond de nous-même ? Toujours, faisons confiance au Seigneur qui peut tout, qui peut toujours nous ouvrir à sa grâce, si nous acceptons peu à peu de faire ce chemin avec Lui. Alors l’histoire du Salut pourra encore se poursuivre en notre temps et Noël sera une fête pour aujourd’hui, pleine de lumière, d’espérance et de joie.
L’ange pourra nous quitter, Dieu poursuivra son œuvre caché en chacun de nous.
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