« Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». Et sais-tu qui se réjouirait le premier ? C’est « Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus Christ ». Si tu veux découvrir un peu plus son visage, non son cœur, lis l’Evangile de ce dimanche et n’aie pas peur que tu ressembles au cadet ou à l’aîné de cette histoire… tu es aimé au-delà de tout ce que tu peux imaginer !
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : Cet hommes fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. _Le plus jeune dit à son père : ’Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : ’Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ’Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils…’ Mais le père dit à ses domestiques : ’Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête. Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : ’C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : ’Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ’Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Texte lu du 4ème dimanche du carême 2010
Si tu le veux bien, regardons ensemble cet Evangile. Nous avons 3 tableaux qui nous font regarder chaque fois un personnage de la parabole. Mais tout d’abord qu’est-ce qu’une parabole ? C’est une histoire que Jésus raconte en reprenant des faits de la vie quotidienne pour nous faire entrer plus avant dans le mystère. A travers la vie courante nous découvrons Dieu. La parabole de l’enfant prodigue - c’est le nom sous lequel nous la connaissons - se situe dans le grand chapitre 15 de saint Luc sur les paraboles de la miséricorde avec le thème principal de la joie. Ici il s’agit de la joie du fils qui revient vers son père qui le pardonne et fait la fête autour de ce retour. Voilà un aspect de la conversion, se retourner, revenir vers…
Voici les trois tableaux de cette parabole.
1er tableau : C’est le fils cadet dans son désir d’indépendance, de ce qui lui apparait la liberté vis-à-vis de son père. Distance qui se révèle assez vite lieu de mort et non de vie comme il le souhaitait. C’est au creux de sa misère qu’il va « rentrer en lui-même ». Peut être pouvons-nous y voir un début de conversion.

2ème tableau : Il nous centre sur le père, un père qui guette puisqu’il aperçoit de loin son fils. Le père qui est touché au plus profond de lui-même, qui est saisi de pitié. Il est pris aux entrailles, expression très forte pour dire la miséricorde de Dieu. Voir son fils rentrer l’émeut et c’est à partir de là que nous commençons à être dérouté par le récit. Le père ne veut entendre aucune explication, savoir son fils en vie est le plus important et alors toute la maison est en fête.
Arrêtons-nous quelques instants sur le tableau de Rembrandt, bien connu, où le père pose ses deux mains sur le dos de son fils qui, lui, est à genoux aux pieds de son père. Nous pouvons aussi rendre grâce pour tout ce que Dieu fait pour chacun de nous. Quand nous nous éloignons de lui, nous pouvons toujours revenir ‘nul n’est trop loin pour Dieu’ dit un chant de ce temps de carême.
3ème tableau : le fils aîné qui entend la musique et demande à un domestique ce qui se passe Le père ne l’a pas attendu pour commencer la fête et il ne comprend pas. Réaction première que nous pouvons comprendre, réaction qui nous dévoile aussi les sentiments qui l’habitent. De ce fait il ne peut entendre la si belle et forte parole de son père : ‘toi, tu es toujours avec moi…’ Laissons résonner en nous ces mots : ‘tu es toujours avec moi, tout ce qui est à moi est à toi’. Et nous pouvons nous interroger : ‘qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ?’ ou encore avec le psalmiste : ‘qu’est-ce que l’homme pour qu’il soit ainsi aimé ?’
Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, pour moi il fait tout, il désire tout me donner.
Si tu as pu te procurer une reproduction du fils prodigue, installe-toi dans un lieu calme et retire-toi, prie ton Père dans le secret et pour t’aider je te propose cette hymne que l’on chante en ce temps fort du Carême
Point de prodigue
Point de prodigue sans pardon qui le cherche, Nul n’est trop loin pour Dieu ; Viennent les larmes où le fils renaît, Joie du retour au Père.
Point de blessure que sa main ne guérisse, Rien n’est perdu pour Dieu ; Vienne la grâce où la vie reprend, Flamme jaillie des cendres.
Point de ténèbres sans espoir de lumière, Rien n’est fini pour Dieu ; Vienne l’aurore où l’amour surgit, Chant d’un matin de Pâques.
Texte CFC
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