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4ème Mercredi de Carême

« Moi, je ne t’oublierai pas », ou l’amour de Dieu pour ses enfants

Quelles images de Dieu habitent mon cœur ? La liturgie d’aujourd’hui nous montre un Dieu Père, au cœur plus maternel qu’une mère, un bon berger qui prend soin de son troupeau. C’est un appel à la confiance, à l’espérance, pour le présent et pour l’avenir, dans ma relation à Dieu et avec mes frères et sœurs en humanité. Voici le Dieu fidèle qui me dit : « moi je ne t’oublierai pas. »

 

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La liturgie de ce jour nous invite à la confiance envers Dieu et à l’espérance, en insistant sur le visage du Père et sur notre relation d’enfants.
Même si de nos jours ces relations peuvent connaître des perturbations et être sources de souffrance, à travers la Bible, le Seigneur veut nous assurer de la solidité de ce lien et nous faire comprendre la force de son amour.
Pour méditer sur ce thème, je n’ai retenu que les premiers versets de l’Evangile proposé : Jean 5 qui, dans son intégrité, s’étend du verset 17 au verset 30, et je me réfère à la première lecture : Isaïe 49. 8-15.
Alors, prêt(e) à partir à la découverte de cette relation d’amour ?

Jn 5. 17…18 : « Mon Père, jusqu’à maintenant est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre. » De plus en plus de juifs cherchaient à le faire mourir car il disait que Dieu était son propre Père et il se faisait ainsi l’égal de Dieu.

Saint Paul dira quelques dizaines d’années plus tard, à la suite de Jésus, dans la lettre aux éphésiens, au chapitre 1 verset 5 : « Dieu nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ ».
Est-ce que j’ai vraiment conscience de ce don que Dieu me fait ? Par le baptême, il a fait de moi son fils, sa fille bien-aimé(e). Il a le désir de me faire participer à sa Vie, que je devienne image de son Fils. Il veut me donner de vivre dans l’Amour, de le connaître chaque jour davantage. Il veut mon bonheur. Par son Esprit, il est toujours à l’œuvre dans ma vie, au plus intime de moi-même et aussi dans le monde.
Saint Paul le traduit en ces termes au chapitre 8 de la lettre aux romains, versets 14-17 :
« Ceux-là sont fils de Dieu qui sont conduits par l’Esprit de Dieu : vous n’avez pas reçu un esprit qui vous rende esclaves et vous ramène à la peur, mais un Esprit qui fait de vous des fils adoptifs et par lequel nous crions : Abba (papa), Père. Cet Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ… »
Dieu nous a, m’a fait le don de son Esprit qui est la force même qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (Eph 1,20). Est-ce que je crois vraiment à cette force de vie, de renouvellement qui est en moi, en chacun de nous ? Dieu ne cesse de nous engendrer à la vie. Il est notre Père.
Peut-être pourrait-on redire le Notre Père cette semaine en s’arrêtant plus particulièrement sur le poids d’amour que contiennent ces deux premiers mots : « Notre Père » ?

Père, oui, mais le nôtre, pas seulement le mien. C’est un pluriel. Dieu aime chacun de ses enfants, chacun des hommes, avec toutes leurs différences de culture, d’éducation, de couleurs, de langues… Ai-je des ennemis ? Ils sont aussi les enfants aimés de notre Père. C’est lui qui nous rend frères et sœurs. C’est lui, qui dans l’Esprit, fait notre unité dans l’amour. Je ne peux pas toujours faire le geste ou dire la parole qui me rapprocherait de mon « ennemi ». Mais je peux toujours prier pour lui. Je peux même demander à Dieu de le bénir, même si je ne me sens pas capable de le bénir moi-même. Dieu agréera cette prière. Et la bénédiction s’étendra de l’un à l’autre. - Notre Père – aide-moi, aide-nous à vivre vraiment en fils…

Chant : (texte de Didier Rimaud)
Pour que l’homme soit un fils à son image,
Dieu l’a travaillé au souffle de l’Esprit
Lorsque nous n’avions ni forme ni visage,
Son amour nous voyait libres comme lui.

Nous tenions de Dieu la grâce de la vie.
Nous l’avons tenue captive du péché :
Haine et mort se sont liguées pour l’injustice
Et la loi de tout amour fut délaissée.

Quand ce fut le jour et l’heure favorable,
Dieu nous a donné Jésus le bien aimé
L’arbre de la croix indique le passage
Vers un monde où toute chose est consacrée.

Qui prendra la route vers ces grands espaces ?
Qui prendra Jésus pour Maître et pour Ami ?
L’humble serviteur a la plus belle place
Servir Dieu rend l’homme libre comme lui.

Le fils, l’enfant aimé et chéri de Dieu, nous le retrouvons aussi dans la première lecture proposée ce jour, dans le passage d’Isaïe 49, 8-15, qui fait partie du livre dit de la consolation où Dieu annonce la joie du retour des exilés. Voici le texte :

[8] Ainsi parle Yahvé : Au temps de la faveur je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Je t’ai façonné et j’ai fait de toi l’alliance d’un peuple pour relever le pays, pour restituer les héritages dévastés,
[9] pour dire aux captifs : "Sortez", à ceux qui sont dans les ténèbres : "Montrez-vous." Ils paîtront le long des chemins, sur tous les monts chauves ils auront un pâturage.
[10] Ils n’auront plus faim ni soif, ils ne souffriront pas du vent brûlant ni du soleil, car celui qui les prend en pitié les conduira, il les mènera vers les eaux jaillissantes.
[11] De toutes mes montagnes je ferai un chemin et mes routes seront relevées.
[12] Les voici, ils viennent de loin, ceux-ci du Nord et de l’Occident, et ceux-là du pays de Sînîm.
[13] Cieux, criez de joie, terre exulte, que les montagnes poussent des cris, car Yahvé a consolé son peuple, il prend en pitié ses affligés.
[14] Sion avait dit : "Yahvé m’a abandonnée ; le Seigneur m’a oubliée."
[15] Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas.

Comment mieux dire la tendresse de Dieu pour chacun de nous ? Jamais il n’abandonne ni n’oublie ses enfants. Il est le bon berger qui conduit et prend soin de ses brebis. Quelle confiance pouvons-nous lui faire ! Nous sommes sans cesse sous son regard d’amour.
Mais nous sommes enfants appelés à grandir : Dieu nous confie personnellement une mission, tout en nous assurant de son soutien et de sa présence. En effet, chacun peut entendre cette parole comme lui étant directement adressée : « Je t’ai mis à part, je t’ai destiné à être l’homme de mon Alliance avec le peuple ». Par le baptême, nous sommes entrés dans l’Alliance avec Dieu. Nous avons à porter témoignage du message d’amour qui nous a été confié. Notre vie devrait interpeller nos contemporains, proches ou lointains, pour les inviter à venir du nord ou du midi vers la Lumière.

Nous pouvons réfléchir :
- Comment pouvons-nous aplanir leur chemin vers Dieu ?
- Comment puisons-nous nous-mêmes à la source, trouvons-nous notre nourriture sur le chemin que nous avons aussi à parcourir ?
- Est-ce que je prends le temps de lire et de méditer la Parole de Dieu ? Me fait-elle vivre ? Eclaire-t-elle mes choix ?
- Est-ce que je profite de l’aide et de la grâce des sacrements de l’Eglise, en particulier de celui de la réconciliation, pour revivifier mon lien filial et fraternel, pour me replonger dans l’amour de Dieu ?
- Mon comportement libère-t-il les autres de leurs prisons multiples, de leurs peurs ?
- Est-ce que je peux offrir la fraîcheur d’une rencontre vraie et une oreille écoutante à celui qui peine ou qui souffre ?

Chacun(e) a à inventer sa réponse de fils ou de fille à l’amour du Père, jour après jour, dans une perpétuelle créativité.
Mais rappelons-nous, dans la joie comme dans la peine, dans le doute, les échecs ou dans les petits pas en avant, Dieu est là, il nous aime, il nous conduit, il nous dit : « Moi, je ne t’oublierai pas ».

Soeur Karine

Psaume 22 : un psaume de confiance
Le Seigneur est mon berger :
Je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
Il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
Et me fait revivre ;
Il me conduit par le juste chemin
Pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
Je ne crains aucun mal,
Car tu es avec moi :
Ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
Devant mes ennemis ;
Tu répands le parfum sur ma tête,
Ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
Tous les jours de ma vie ;
J’habiterai la maison du Seigneur
Pour la durée de mes jours.

Si tu désires poser une question tu peux l’envoyer à accueil.pradines@orange.fr .
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Bonne retraite !

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