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4ème Mercredi de Carême

Vous connaissez le proverbe : « Noël au balcon, Pâques au tison » ? N’y a-t-il que cela qui relie ces deux fêtes ? Ce 25 mars, L’Eglise fête l’Annonciation du Seigneur. C’est une fête qui peut paraître anachronique en ce temps de Carême où nous nous préparons à accueillir le don suprême du Christ…

 

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Il va terminer ses jours terrestres sur une croix. Et voilà que nous parlons de sa conception : les premiers moments de sa vie !

Mais ce n’est pas une simple coïncidence de calendrier : 9 mois qui séparent l’Annonciation de la Nativité. C’est tout le mystère du salut qui s’offre à nous en condensé, à l’approche de Pâques.C’est l’Incarnation rappelée en vue de la Rédemption, le dessein d’amour de Dieu pour les hommes. La prière sur les offrandes nous le dit bien : « Accorde-nous, en cette fête de l’Annonciation, de célébrer avec joie les mystères du Christ. » L’Annonciation du Seigneur a donc une place de choix sur notre chemin vers Pâques, puisque nous reconnaissons dans le Verbe qui a pris chair de la Vierge Marie, notre Rédempteur (oraison de la fête).

Cette fête associe étroitement Marie et Jésus. Aussi, en la contemplant, pouvons-nous essayer d’être disciples de Jésus, à sa manière.
Regardons de plus près le psaume de méditation proposé en ce jour :

Psaume 39

Tu ne voulais ni offrandes ni sacrifices :
tu as ouvert mes oreilles.
Tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j’ai dit : « voici, je viens ».

Dans le livre est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j’aime :
ta loi me tient aux entrailles.

J’annonce la justice
dans la grande assemblée ;
vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.

Je n’ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur
je n’ai pas caché ta fidélité, ton salut
J’ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

L’antienne d’ouverture de la messe, qui reprend une partie de la deuxième lecture : Hebreux 10, 4-7, applique ce psaume au Christ, le met dans sa bouche comme étant l’accomplissement de son existence. « Le Christ, en entrant dans le monde, dit : « Me voici, mon Dieu, je viens faire ta volonté. » »

Mais ce psaume pourrait aussi bien s’appliquer à Marie : elle a écouté l’annonce de l’ange, elle a offert son corps pour accueillir le Verbe. Son fiat, sa réponse à l’annonce de l’ange dans l’Evangile de Luc 1, 26-38 « Voici la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole » fait écho au psaume qui dit « Voici, je viens ». Marie n’a-t-elle pas scruté les Ecritures, aimé la volonté de Dieu jusqu’à offrir ses entrailles au Rédempteur ? N’a-t-elle pas annoncé la Bonne nouvelle du salut dans son Magnificat, lors de sa visite à sa cousine Elisabeth ?

Mais que peut nous dire Marie sur nous-mêmes ? Regardons le chemin que nous propose la liturgie en cette quatrième semaine de Carême, à travers les oraisons des messes qui parlent de nous, aujourd’hui.

Lundi : « Dieu qui renouvelles ce monde au moyen de tes sacrements, fais que ton Eglise progresse par ces biens du Ciel et ne manque jamais de tes secours ici-bas ». Avec Marie, Dieu a fait toute chose nouvelle. A sa question : « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? », l’ange lui répond que l’Esprit -Saint viendra sur elle et la puissance du Très-Haut la couvrira de son ombre. Pour nous, dans notre quotidien, dans notre désir qu’advienne plus de fraternité, d’amour, de paix, Dieu nous offre les sacrements comme soutien, comme renouvellement même ! Ainsi, les catéchumènes vont-ils revêtir l’homme nouveau, le Christ, lors du baptême à la veillée pascale. Mais nous, déjà baptisés, savons-nous recourir aux autres sacrements que nous propose l’Eglise ? Est-ce que j’ai faim de l’Eucharistie ? Ai-je demandé la force de l’Esprit-Saint dans le sacrement du pardon pour qu’il renouvelle mon cœur, mon espérance ? Il est bon de faire le point en ce moment du Carême.

Mardi, l’oraison demandait : « Donne à tes fidèles, Seigneur, en ce temps de pénitence, une vraie générosité à te servir : qu’ils se disposent ainsi à recevoir dans un cœur purifié l’annonce du mystère pascal, et à transmettre au monde la joyeuse nouvelle du salut. »

Marie n’a-t-elle pas engagé toute sa vie, tout son être, dans sa réponse généreuse à Dieu ? Elle se présente elle-même comme la servante du Seigneur. Acceptons-nous de nous engager totalement quand nous répondons oui à une demande qui peut nous coûter ou nous faire peur ?

La deuxième partie de l’oraison fait référence à la réception de l’annonce et à la transmission. Marie, l’immaculée, au cœur pur, a accueilli l’annonce de la naissance future de Jésus et a laissé déborder sa joie dans le Magnificat, le Cantique de Marie, que nous chantons tous les jours à Vêpres. Est-ce que je garde le cœur assez ouvert, attentif et libre pour entendre les bonnes nouvelles qui concernent ma vie ou celle de mes proches ? Et tout le bien qu’il m’arrive, est-ce que je sais le reconnaître et en rendre grâces à Dieu ? Ne suis-je pas parfois un enfant gâté qui oublie de remercier ? Est-ce que je sais communiquer et partager ma joie avec ceux qui m’entourent ?

Demain, jeudi, l’Eglise demandera : « Que tes serviteurs se purifient dans la pénitence et s’appliquent à faire ce qui est bon ; donne-leur de rester dociles à ta volonté et d’arriver sans encombre aux fêtes de Pâques. »

S’appliquer à ce qui est bon et rester dociles à ta volonté. Marie n’a cherché qu’à accomplir la volonté de Dieu. Cela n’a pas été toujours facile. Les événements l’ont surprise : la visite des bergers, la fuite en Egypte, Jésus adolescent resté au Temple, le Christ mourant en croix…

Aussi gardait-elle, pour méditer, toutes choses dans son cœur. Pour nous, non plus, tout n’est pas forcément clair. Dans les choix que nous devons faire, dans les événements qui nous bouleversent, il faut essayer de discerner la volonté de Dieu. Est-ce que je recours à la prière, à la lecture de la parole divine pour m’aider ? Ai-je déjà demandé à un prêtre de m’aider sur mon chemin de foi ? Si je cherche à faire ce qui est bon, à l’image du Dieu créateur, du Dieu de bonté, je ne me tromperai pas. Est-ce que c’est toujours l’option que je choisis, ou est-ce que je cède parfois à la facilité, au ‘politiquement correct’, ou je me contente du minimum ?

Vendredi : « Tu as préparé, Seigneur, pour nous qui sommes faibles, les secours dont nous avons besoin ; donne-nous d’accueillir avec joie notre relèvement et d’en témoigner par la fidélité de notre vie. »

L’oraison fait écho à celle de lundi : les secours que nous demandions, le Seigneur les a préparés pour nous qui sommes faibles. Ai-je reconnu ma faiblesse, mes limites ? Que j’ai besoin que le Seigneur vienne m’aider pour tel aspect de ma vie ? C’est dans ces brèches que la grâce peut s’engouffrer !

L’oraison nous invite aussi à être témoins par la fidélité de notre vie. Pas seulement en paroles, mais en actes ! La fidélité paraît aujourd’hui comme quelque chose de difficile : fidélité dans l’amour, dans l’amitié, dans ses engagements, dans la parole donnée…Pourtant elle va de pair avec la confiance dont chacun a besoin. Suis-je restée fidèle ou bien, quand et où ai-je dévié ? N’y a-t-il pas possibilité de revenir ?

Samedi, nous dirons : « Sans toi, il nous est impossible de te plaire : dans la tendresse que tu nous portes, guide-nous, dirige nos cœurs. »

A Marie, l’ange a affirmé : « Rien n’est impossible à Dieu. » Est-ce que j’y crois, dans ma vie ? L’oraison nous rappelle notre radicale dépendance par rapport à Dieu : « Sans toi, il nous est impossible de te plaire. » Je peux faire beaucoup de choses, il y a des possibilités infinies dans notre monde : sans cesse, dans les magazines, la publicité, la télévision, Internet, on nous propose une multitude de choix. Mais tous sont-ils pour plaire à Dieu ? Seul Dieu lui-même, par l’Esprit qui habite en nos cœurs, peut nous faire découvrir ce qui lui plaît. Est-ce que je me mets à son écoute ?

L’oraison fait appel à la tendresse de Dieu pour nous, à sa sollicitude, à sa sagesse : guide-nous ! Le Dieu à qui l’on veut plaire, ce n’est pas un despote, un puissant qu’il faut amadouer ou qui nous rend serviles. C’est un Dieu de tendresse, de bonté, généreux, qui nous aide, nous appelle à la joie. Relisez les oraisons, si vous n’êtes pas convaincus. Que ce Dieu nous aide à cheminer vers le don et la joie pascale. « Le Seigneur est avec toi. »


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