Sortie en salle depuis mercredi 25 Novembre, le dernier film de Michael Moore nous invite à nous préoccuper de notre société.
« Propagande ! » ; « Confus, simpliste, ambigu » ou encore « Si l’on s’est un peu intéressé aux événements financiers de ces derniers mois, la démonstration de Michael Moore n’apporte pas grand-chose de neuf » selon le Monde et d’autres critiques journalistiques. Comme à son habitude, le dernier film de M. Moore – dénonciateur, polémique et militant – suscite une réaction de la presse avec certaines accusations à son égard (bien que moins vives que pour ses sorties précédentes). Le cinéaste catalogué à gauche est célèbre pour ses accusations contre les travers de son pays où certains responsables sont pointés du doigt. Pourtant, de la même manière que pour Fahrenheit 9/11 (Palme d’or du festival de Cannes en 2004), l’histoire et l’épreuve des faits lui donnent et lui donneront (ne l’espérons pas pour autant) raison.
En effet, dans son dernier film/documentaire Capitalisme : a love story, M. Moore, à travers de nombreux témoignages et interviews et avec un humour satirique, montre les dérives du capitalisme dans la société étasunienne. Il met l’accent sur un marché totalement dérégulé, poussé par l’idéologie néolibérale emprunt et stimulant un capitalisme exacerbé. En pleine période de crise où les banques ont fait faillites mais se portent déjà mieux que des millions d’américains au chômage et/ou expulsés de leur maison, la réalité décrite ici ne plait forcement pas à tout le monde. Il montre que le gouvernement américain relève aujourd’hui plus d’une soumission et œuvre plus à l’enrichissement des PDG des multinationales américaines et des banques qu’au bien être du peuple. Pour exemple petit détour sur les 700 milliards de dollars réinjectés par le Trésor des Etats-Unis, suite au vote du Congrès, sans aucun contrôle dans les banques américaines. En effet lorsque M. Moore demande à Elizabeth WARREN (Présidente du comité de surveillance du Congrès) ou est passé notre argent ? Comment a-t-il été utilisé ? (on parle bien des 700 000 000 000 $ du contribuable américain), elle lui répond « I don’t know » (=Je ne sais pas). A coté de ça les banques viennent saisir les maisons pour motif de non remboursement en « remerciement ». L’impossibilité de remboursement des ménages américains qui est rappelons-le, comme conséquences des Subprimes américains – crédits à remboursement à taux variables – qui leur avait été présenté comme solution et comme moyen de s’enrichir, de parvenir au « rêve américain ». M. Moore espère que cette période de crise et son film éveilleront les consciences, éveilleront le peuple américain, pour qu’il revendique lui-même le changement. Ce film est un appel à la démocratie qui ne se résume pas pour le cinéaste à un bulletin déposé dans une urne ponctuellement. Pour sensibiliser les citoyens américains, M. Moore utilise les symboles qui leur sont chers. Il interview ainsi plusieurs religieux – prêtres et évêques – en leur demandant ce qu’il pense du capitalisme. Religion qui est à la base de la société, fortement présente et utilisée pour légitimer toutes politiques néolibérales : Comme il est indiqué sur les billets de ollars américains : « in god we trust » (= « En Dieu nous croyons » ou « En Dieu nous faisons confiance »). Que faire alors lorsque ce système est décrit par eux (les hommes d’églises) comme le mal incarné ; qu’il ne peut être fidele aux valeurs chrétiennes puisqu’il ne contribue qu’à l’enrichissement des plus riches et enferme les « pauvres », et de plus en plus de personnes des classes moyennes, dans une précarité déshumanisante. Aujourd’hui aux Etats Unis : 1e puissance mondiale : 1% de la population détient plus de richesses que 95% des autres.
Certes, le film n’a pas, et ne prétend pas avoir de porté scientifique. Il n’est pas le fruit d’analyses rigoureuses de spécialistes des questions abordés (bien que ceux-ci soit aussi interviewée). Cependant doit on véritablement attendre cela d’un film qui vise à attirer le plus de personnes possibles ? Il met en lumière certaines réalités et comme le disent certaines critiques favorables, il ne peut faire que du bien aux consciences. Il pousse à s’intéresser et à combattre les inégalités croissantes. Bien sur le peuple américain ne doit pas être son seul public. M. Moore cherche à prévenir toutes sociétés, en particulier un occident toujours plus individualiste et libérale. En France où nous prenons une direction semblable aux précédentes politiques américaines, les citoyens doivent à leur tour s’en préoccuper et se mobiliser d’avantage.
Ainsi lorsqu’hier soir on s’est retrouvé à 4 dans une des plus grandes salles de cinéma de Lyon, devant un écran de 480 pousses, j’ai pensé qu’une invitation à aller voir ce film, Capitalism, a love story, serait de bon ton.
Evangile du jour