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J’avoue, je suis tenté...

Parler de la tentation, beau défi en ce temps de Carême, non ? C’est à cet exercice que se sont essayés frère Adrien au diagnostic et le père Thierry Jacoud à l’ordonnance, qui a aussi profité de la soirée pour nous présenter son nouveau jean, lors de la 6ème soirée Black & White de la sCène.

 

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Nous vous invitons à visiter la page « 05. Black&White Saturday » pour obtenir des informations plus à jour.

 

Certains samedis juste après la messe de 18h à SFR, le bruit court que la sCène regorge de pâtisseries toutes plus délicieuses les unes que les autres… La soirée Black & White, en effet, c’est un repas convivial pour un temps de catéchèse décalé mais toujours pertinent et plein d’humour. Ce 3 mars, c’était un "J’avoue, je suis tenté" qui nous attendait…

Adrien débute, en plein dialogue avec la pomme dans sa main, pour remonter aux sources du problème et renouveler notre regard sur la tentation. L’histoire de la tentation, nous fait-il remarquer, ce n’est pas parler du péché originel ou encore de l’historicité d’Adam et Ève, c’est envoyer une interdiction bouler, et dire en même temps que Dieu veut nous priver de notre plaisir. La tentation, c’est prendre quelque chose d’impossible pour quelque chose d’interdit. . La force du serpent dans toute cette histoire, c’est de faire voir une situation différente de ce qu’elle est. Alors que Dieu nous met simplement en garde, nous voyons cela avec le serpent comme une interdiction. Quand nous rentrons dans ce schéma, celui du Tentateur, nous avons déjà perdu. On peut certes encore tenir par la volonté, mais là n’est pas l’enjeu ! L’enjeu c’est de tenir par l’intelligence, c’est-à-dire comprendre que ce que nous voyons comme interdit est impossible. Par exemple, tromper sa femme et continuer à mener une vie familiale n’est pas possible. La jeu du Tentateur, c’est de dire : tu ne peux pas tromper ta femme parce que c’est interdit. Mais la vraie question en définitive, c’est : pourquoi je ne peux pas faire ça et être heureux ?

« Ne voyez-vous pas que l’or est purifié dans la fournaise ? Ainsi une âme est rendue plus pure et plus belle par la tentation, comme l’or est plus éclatant quand il a passé par le feu »

Saint Vincent de Paul

Thierry prend alors le relais avec 3 petits contes et une même finalité : nous délivrer une ordonnance pour lutter concrètement contre la tentation.

  • Remède n°1 : ne pas focaliser son attention sur le fait que l’on est tenté. C’est aussi ne pas se décourager et remettre la tentation à sa juste place ; ne pas accepter la culpabilité mais accepter de sourire avec la parole de Dieu, qui peut passer par la parole d’un ami qui nous dit que nous sommes aimés malgré nos tentations.
  • Remède n°2 : accepter de se battre. C’est quand on se bat qu’on devient plus humain, sans perdre de vue celui en vue de qui on combat. Le but ? Comprendre ce qu’on veut faire, savoir pourquoi on vit. C’est là que se vit la vie spirituelle qui est aussi le lieu d’une vérité en soi, où l’on se demande : qu’est-ce qui compte, qu’est-ce qui a du prix ? Quel est mon attachement aux autres ?
  • Remède n°3 : se laisser bénir par la parole de Dieu, accueillir la tendresse du Père. La tentation est une sorte d’indication d’entrée dans la Terre Promise spirituelle que l’on recherche. D’ailleurs, plus l’amitié avec Dieu augmente, plus le risque d’être tourmenté augmente de même. C’est pour ces moments que l’on peut retenir une parole de bénédiction, une parole vivante de tendresse pleine de paix comme le : « Va ! » d’une bonne nouvelle qui relève, qui nous encourage vers la Vie dans un mouvement de Résurrection. « Vous êtes faits pour la joie, faits pour ça brûle ! » nous lance alors Nicolas, un frère dominicain de passage invité à ajouter son grain de sel. La tentation, nous dit-il, c’est comme un roquet qui vient nous agripper le bas du pantalon. Son but ? Nous attirer là où on ne veut pas aller. Nous sommes faits pour le Ciel, faits pour vivre en Dieu et ces petites misères viennent nous mordiller, nous détourner, d’autant plus à notre âge ; cet âge étudiant où l’on se lance dans la vie, où l’on se dit à la fois que tout est possible et que l’on est nul, où l’on a des rêves mais où l’on ne se croit pas forcement capable de les vivre. « Eh bien si, », finit-il, « vous êtes vraiment faits pour ça, il faut que ça brûle ! En ayant dans les yeux le Ciel et les pieds sur terre. Alors foutez le feu à Lyon ! »

Photos : Maylis
Reportage : Gaëlle

 
 
 

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