Si être moderne consiste à apporter des réponses pertinentes aux questions de l’époque, force est de constater que depuis 2000 les chrétiens ont cherché à traduire les exigences de l’Evangile dans la vie du monde de leur temps.
Toute cette tradition d’engagement des chrétiens dans la cité a donné corps à ce qu’on appelle aujourd’hui « la doctrine sociale de l’Eglise ». Cette « doctrine » ou plutôt cette pensée sociale de l’Eglise qui a inspiré l’action de générations de militants, d’entrepreneurs, d’élus chrétiens, demeure plus que jamais d’actualité, elle est même à la pointe de la modernité. Alors que les solutions pré- mâchées des idéologies s’effondrent les unes après les autres, cet enseignement social de l’Eglise nous place en première ligne du combat en faveur de toutes les solidarités. Mettant l’homme au cœur de sa démarche.
En effet, il faut savoir, qu’il y a toujours eu une telle doctrine ou un tel enseignement, plus ou moins développé, dans l’Eglise. St Paul, saint Jacques, déjà, nous donnent, par delà l’Evangile, des indications précieuses. Les Actes des Apôtres, d’autre part, nous interrogent à jamais par leurs notations sur la vie des chrétiens de la première heure : « Ils mettaient tout en commun ; ils vendaient leurs propriétés et leurs biens et en partageaient le prix entre tous, selon les besoins de chacun » (Actes 4,44-45). Un peu plus loin, il est dit :« Parmi eux nul n’était dans le besoin ; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposant aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun selon ses besoins. » ( Actes 4, 34-35) St Jean Chrysostome, le grand docteur, a beaucoup enseigné, quant lui, de sa chaire, à Constantinople, sur la richesse et la pauvreté. St Thomas d’Aquin, ensuite, a dit des choses fondamentales sur la destination commune des biens de ce monde… Et il y a, plus particulièrement, comme un « bloc » d’enseignement social moderne qui commence avec l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII en 1891 et qui va jusqu’à notre temps. C’est un aspect majeur de l’histoire de l’Eglise du XX° siècle.
Pendant vingt ans de pontificat, Jean-Paul II s’est efforcé de réhabiliter cette doctrine sociale de l’Eglise. Plusieurs encycliques importantes ont ainsi vu le jour, sur le travailet la solidarité notamment. Nous devons pourtant constater que leur contenu est souvent mal connu des catholiques. D’où vient le désintérêt de tant de chrétiens vis à vis de cet enseignement qui concerne leur témoignage de vie dans la cité ?… D’où vient cette mauvais réception ?… peut-être de l’audace de cette pensée sociale à nous questionner vigoureusement sur nos modes de vie, sur notre témoignage chrétien au cœur du vivre ensemble de ce monde.
Le dimanche 18 novembre sera placé sous le signe de la solidarité. Comme chaque année, dans toutes les paroisses de France, le Secours Catholique organise une grande journée de mobilisation et de collecte, pour venir en aide aux plus démunis. Bon nombre d’entre-vous ont déjà soutenu cette action. Mais n’est-ce pas aussi une belle occasion pour découvrir la pensée sociale de l’Eglise ? Cet enseignement sur les implications sociales du christianisme nous redit que le souci de l’autre, en particulier des plus pauvres, fait partie de notre foi en l’Evangile. Il nous rappelle la priorité à l’homme et nous provoque à prendre en compte la demande de sens qui émerge de la société entière, pour décrypter la marche du monde. Il nous enseigne que notre foi en Dieu doit s’incarner dans des gestes de solidarité et de partage, dans le combat pour plus de justice, dans des choix clairs et forts, comme autant de signes actifs de notre foi en la fraternité voulue par Dieu.
Soyons en sûr, en fidélité à l’Evangile, l’intervention de l’Eglise dans les questions de société, ses prises de position sur les questions sociales seront d’autant plus écoutées, que son enseignement nourrira d’abord les chrétiens que nous sommes. Cet enseignement basé non pas sur l’imposition de normes venues d’en haut mais sur un dialogue constant avec ses interlocuteurs est un beau trésor dans lequel nous sommes invités à puiser « pour rendre compte de l’espérance qui nous anime. »
Si vous le souhaitez, à l’initiative de « l’école de la charité » vous pourrez découvrir les grands axes de la pensée sociale de l’Eglise le jeudi 22 novembre à 20H 10 rue Fr.Dauphin Lyon 02 (métro Bellecour)
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