Homélie du pélerinage des étudiants, le dimanche 26 avril, prononcée par Mgr Brincard
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En commençant, je voudrais vous relater un événement qui s’est passé le 7 Octobre 2000, année du jubilé : que se passait-il ce jour là ?
Jean-Paul II avait invité les Evêques du monde entier, pendant cette année Sainte, il voulait remettre l’église à Marie d’une manière toute particulière au terme d’une célébration de l’Eucharistie sur la place Saint Pierre.
Le ciel était d’un bleu magnifique et au son des cloches de Saint Pierre à la résonance si profonde voilà que tout à coup les portes de Saint Pierre s’ouvrent et par une porte tous les Evêques présents : 1500, commencent une longue procession terminée bien évidemment par le successeur de Pierre.
Une immense foule était présente sur la place Saint Pierre et voilà que tout à coup (cela a été un bouleversement intérieur très grand), nous avons entendu jaillir de cette immense foule un cri : « Oh, que nous aimons l’église » « Oh, que nous aimons l’église » c’était bouleversant, c’est avec ce cri là que Jean-Paul II est arrivé et que la célébration a commencé.
Alors chers amis, j’ai envie de vous dire en vous regardant : « Oh, qu’elle est belle l’église, elle est belle dans son unité, elle est belle dans sa diversité ». C’est l’unité d’un amour reçu, c’est l’unité d’un amour donné, c’est l’unité du grand mystère de l’église appelé à être tout accueil et tout don à l’égard de celui qui lui a tout donné. Le ressuscité.
Regardez cette croix comme elle brille ; elle est très moderne, elle brille d’une manière admirable ; elle a été faite avec un verre très spécial, le verre qui a servi pour construire la pyramide du Louvre, un verre qui n’a été fabriqué qu’une seule fois. Mais qu’elle est belle cette croix ! C’est la croix du ressuscité, c’est le trésor de l’église. Ce trésor, elle le célèbre et le reçoit dans le mystère de l’Eucharistie et c’est pourquoi sous cette croix il y a un autel et nous devons proclamer, comme Jésus nous le demande lui-même, les souffrances du Messie, ostensoir de son amour ; nous devons proclamer la résurrection de celui qui s’est offert pour nous, qui intercède pour nous avec toute la puissance du cœur de Dieu.
Et nous devons aussi témoigner de ce mystère de la Passion et de la Résurrection du Christ, témoigner à travers notre vie. Un fleuve, par l’abondance de ses eaux, rend gloire à une source qu’on ne voit pas.
De même Jésus présent en nous, nous transforme progressivement. Nous en avons fait l’expérience pendant ce pèlerinage, nous en faisons encore plus l’expérience au moment de la célébration de l’Eucharistie ; cette transformation intérieure doit nous donner un nouveau regard, de nouvelles mains, un nouveau cœur.
Quand je vais à Lourdes je suis toujours très frappé lorsque j’entre dans la Basilique de Saint Pie X, de toute cette grande galerie des Saints que l’on a eu l’heureuse idée de constituer, des Saints de toute les époques avec tous les tempéraments, avec les qualités souvent très différentes d’une même mission mais vécue et aussi d’une manière très différente ; une extraordinaire diversité et pourtant si vous regardez attentivement chacun de ces portraits le même regard, le même regard : un regard dans la lumière d’un amour reçu, dans la lumière d’un amour qui se donne. C’est cela témoigner de lui.
Chers amis, nous allons rentrer chez nous. Que la joie profonde, que la paix que Jésus nous apporte c’est à dire une plénitude de lumière et d’amour, que cette joie et cette paix deviennent communicative et annonce celui qui en est la source. S’il faut parler, avant de parler ouvrons notre cœur. La charité, je le dis souvent surtout aujourd’hui est le bulldozer de la vérité. Et la vérité c’est : Dieu est amour, Dieu a tant aimé les hommes qu’il lui a donné son fils unique. Dieu veut rassembler tous les hommes dans ce beau bouquet qu’est l’église, Jésus : l’Eglise.
Chers amis il est temps de conclure et comment ne pas conclure sans une action de grâce ; je voudrais la partager très brièvement avec vous. Une action de grâce pour tout ce que nous avons reçu, une action de grâce qui nous prépare à la mission trop rapidement évoquée, mais suffisamment pour quelle devienne plus forte en nous. Dans cette action de grâce nous mettrons tous ceux et celles qui d’une manière ou d’une autre nous ont permis de vivre ces instants.
Nous remercions tout d’abord ceux et celles avec lesquels nous avons fait ce pèlerinage, cette unité que nous vivons profondément aujourd’hui ne peut pas être sans lendemain, Monseigneur Batut nous l’a rappelée de manière remarquable.
Notre action de grâce va aussi à tous nos frères prêtres, qui nous ont entourés de mille manières, je pensais en nommer quelques uns et puis finalement ils souhaitent que je ne les laisse non pas dans un anonymat, mais dans une communion sacerdotale si belle. Regardez cette communion sacerdotale si belle, regarder là, et rendez grâce.
Bien évidemment je redis ma profonde reconnaissance à Monseigneur Batut ; vous me permettrez par rapport aux prêtres de faire une petite exception qui rendra celui qui en est l’objet toujours plus modeste dans une action de grâce, car il sait que tout vient de Dieu et tout lui retourne. Je remercie mon recteur : le père Emmanuel, toute l’équipe autour de lui qui d’une certaine manière représente le diocèse mais aussi une équipe beaucoup plus large que celle du diocèse puisque nous savons combien l’archidiocèse de Lyon est présent dans le pèlerinage de bien des manières mais aussi le diocèse de Saint-Etienne et finalement chaque diocèse.
Chers amis, que cette action de grâce aussi n’oublie pas toutes les âmes que vous avez rencontré le long de votre chemin, qui vous ont par mille petits gestes montré combien ils étaient heureux de vous accueillir. Leur joie c’était la vôtre, leur désir, servir votre joie. C’est la beauté de ce diocèse.
Souvent quand je voyage en France et même à l’étranger, on me demande :
Vous êtes l’évêque de ….. ?
Je dis : je suis l’évêque du Puy en Velay. Un silence qui est souvent la manifestation d’une grande ignorance accueille ces paroles ; alors, pour sortir de l’embarras, certains me disent : « Ah oui, c’est la France profonde », et moi je réponds non, ce n’est pas la France profonde c’est le cœur de la France et ce cœur est profond. Un jour lors d’une célébration à Singapour, un célébrant semblait embarrassé pour situer Le Puy. Et voilà que le prêtre qui était à mes côtés a la bonne idée de dire : c’est l’évêque dont le diocèse nous à donné le père Abrial. Le père Abrial des missions étrangères de Paris, 40 ans à Singapour : 3 hôpitaux, 4 églises, des fondations pour les pauvres. Incroyable, plus connu que le loup blanc. Un tonnerre d’applaudissements !
Chers amis comme on est heureux d’avoir un diocèse connu dans le monde à travers son cœur mais Monseigneur Batut peut en dire autant pour Lyon et tous les frères prêtres ici présents peuvent en dire autant de leurs diocèses. Ne faisons pas de jaloux ne faisons que des élus.
Chers jeunes, restez jeunes et posez vous simplement la question parce que je crois qu’il faut conclure par elle : Par où va passer pour moi le chemin du plus grand amour ?
Je connais un enfant qui, à sept ans, interrogé par sa maman qui lui demandait : « Qu’est ce que tu veux faire plus tard ? », a répondu : « Maman je veux beaucoup aimer ». Je souhaite qu’à l’heure des grands choix cette lumière vous soit accordée en abondance et que vous puissiez servir avec votre cœur dans celui de Jésus et par le chemin qu’il vous choisira. Ne réfléchissez pas trop, aimez beaucoup et vous découvrirez le chemin avec l’aide de la Vierge. C’est en aimant aujourd’hui qu’on prépare demain.
Voir en ligne : Article sur le site de la cathédrale du Puy en Velay
Echo du diocèse