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Pendant ce temps

Après toutes les péripéties du vendredi après-midi aux urgences, nous sommes finalement quatre à rester à l’hôpital d’Afoula. Vers 2h du matin, on vient me chercher : « Vous avez une gastro-entérite sévère due à une intoxication alimentaire. Vous allez être hospitalisée. »

 

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Rencontre Terre sainte 16

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L’annonce me surprend un peu, surtout dans mon sommeil, en plus, ce n’est pas vraiment un scoop (au moins pour le diagnostic !)… Je quitte donc les urgences au son du « bienvenue en Israël » de l’infirmière. Finalement, j’atterris, comme mes compagnons d’infortune, en service… d’ORL (logique, non ?). Comme je suis la seule fille du lot, j’ai même le droit à une chambre pour moi toute seule ! Après la visite du médecin, je peux (enfin) dormir sans être interrompue.

Le matin, nous avons la bonne surprise de recevoir une visite du père Luc de la commission de liturgie. Il a été envoyé en mission par l’organisation pour nous soutenir, gentille attention ! Il reste avec nous une bonne partie de la matinée, c’est une présence que nous avons vraiment appréciée, même s’il a dû nous laisser pour rejoindre son groupe.

Le gros problème est alors de s’occuper. Il est hors de question que je reste seule dans mon coin (même si ce n’est pas toujours désagréable d’avoir une chambre pour soi). Rester toute seule serait trop triste ! Très vite, des échanges entre les deux chambres se mettent en place. Lorsque Benjamin et Gauthier ont besoin de se reposer, je reçois la visite de Jean-Tiaré. Je passe aussi beaucoup de temps chez les garçons, à tel point que l’on a fini par me servir mes repas directement dans leur chambre !

Mais la question essentielle reste entière : que faire pour s’occuper ? Nous n’avons sur nous que le kit de survie du pèlerin : tout ce qu’il faut contre la chaleur (crème solaire, gourdes, chapeau…), une bible et le livret « aux sources ». Tout le reste : livres, vêtements… sont restés au camp. Pourtant, nous ne sommes pas à bout de ressources. Il faut se serrer les coudes. Quoi de mieux pour ça qu’un peu d’humour ? Je vous assure qu’il est très facile de trouver des idées d’épreuves pour faire des olympiades dans un couloir d‘hôpital ! Des exemples ? Course avec les perches de perfusions, glissades avec les mêmes perches et tant d’autres. Cela nous a valu des moments où l’on a bien ri. A côté de cela, nous pillons le carnet de chants, la plupart de ceux que nous connaissions ont retenti dans le service. Cela a bien dû changer le personnel de l’hôpital : ce n’est pas tous les jours que leurs malades se rendent visite entre eux, rient et chantent ! D’ailleurs, ils ont semblé tristes de nous voir partir. Il faut dire qu’ils ont été aux petits soins pour nous pendant deux jours. Pourtant, la communication n’a pas toujours été facile. J’étais malade et en plus il fallait parler anglais, déjà que ce n’est pas fameux quand je vais bien… Heureusement, la plupart des membres du personnel parlaient bien anglais et nous avons même rencontré une infirmière qui parlait très bien français. C’était agréable d’avoir quelqu’un d’autre qu’un membre du groupe à qui parler dans notre langue maternelle ! Nous avons ainsi appris au détour d’une conversation qu’elle avait de la famille dans la région lyonnaise : à St Fons… Finalement, le monde est petit !

Dimanche matin, visite du médecin : « Marie et Jean, vous sortirez peut-être ce soir ou demain matin ». Là, l’impatience commence à se faire sortir (particulièrement chez moi), surtout que nous sommes deux à aller bien depuis environ 24 heures. Nous espérions sortir très vite, c’est une nouvelle déception. L’ennui commence à nous guetter. Juste avant le repas de midi, surprise, revoilà le médecin, ce qui est assez inhabituel en milieu de journée. Que va-t-il encore nous dire ? Cette fois, c’est une enfin une bonne nouvelle. Jean-Tiare et moi pouvons sortir dans l’après-midi. Malheureusement, Gauthier et Benjamin se remettent moins vite et doivent rester encore au moins une journée. Malgré tout, notre sortie se fait en grande pompe : un car, ses passagers et un cardinal (pas moins !) sont là pour nous accueillir. Les retrouvailles sont très chaleureuses. Mais avant cela, il a fallu régler les questions pratiques, en particulier celle des médicaments. En effet, nous devions encore prendre des antibiotiques pendant trois jours. Je dois reconnaître que sur ce coup-là le médecin a assuré : il a obtenu que l’hôpital nous les fournisse gratuitement. Qu’il en soit béni ! Mais la médaille à son revers. Damien, le médecin du groupe, nous en explique les effets secondaires : risques de tendinites ou de rupture du tendon d’Achille. Pratique quand on doit faire de la marche à pied !

Finalement, bien qu’inattendue, cette expérience s’est avérée positive. J’ai passé de bons moments à l’hôpital. Nous n’avons pas pu aller dans les familles, mais nous avons rencontré la population locale de manière différente. Enfin, cela a été l’occasion de faire de nouvelles connaissances et de vivre vraiment la solidarité.

Bienvenue en Terre Sainte !


Pour aller à l’article de présentation

Crédit : Article de Marie-Agnès COQUILLION

 
 
 

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