Des jeunes Lyonnais renouent avec la « disputatio » médiévale
C’est l’ambition des « labos de la foi » lancés par le Cardinal Philippe Barbarin pour comprendre les fondements du christianisme Montéléger (Drôme)
« Le plus important, dans la confession, c’est la
contrition, qui nous aide à reconnaître notre
pêché ; » s’exclame Juliette. « Pour moi, c’est
l’humilité qui est au cœur de la démarche,
rebondit » Raphaël. « Il ne suffit pas de vouloir
le pardon, cela nous est donné comme preuve
de l’amour immense de Dieu ! ». rajoute Mgr.
Jean-Pierre Batut, évêque auxilliaire de Lyon,
en guise de conclusion à son enseignement
très « participatif » sur les sacrements.
Classeurs propres, Bible et Catéchisme de
l’Eglise catholique bien rangés sur les tables, il
règne une ambiance de rentrée des classe
dans la maison Oasis, située à Montéléger,
dans la Drôme. C’est là que, toute la semaine
dernière une cinquantaine de jeunes ont
répondu à l’invitation de l’archevêque de
Lyon, le Cardinal Philippe Barbarin, pour la
troisième édition des « labos de la foi ».
Des cours magistraux ? Oui, mais pas
seulement : « Ces « labos » ont une dimension
très pratique, on ne reste pas dans la
transmission passive des connaissances »
explique le Père Xavier Grillon, coordinateur
du projet. Par exemple, chaque jour, un
« quodlibet » est proposé aux stagiaires. Cet
exercice, d’origine médiévale, consiste à
choisir une question difficile, le plus souvent
polémique, afin de bâtir une argumentation
théologique. Chacun y apporte sa réflexion,
rebondissant ainsi sur l’idée précédente.
Exemple : « Jésus, vrai homme et vrai Dieu ».
« On apprend à se poser des questions tout en
restant dans l’enseignement de l’Eglise ». note
Juliette, 26 ans, qui a suivi la session
consacrée aux sacrements. « Cela m’aide à
mieux répondre aux questions de non-croyants
sur des points précis ! » confie cette jeune
professeur.
Le « quodlibet » ? « C’est du concret ! »
Les participants, cette année, ont eu le choix entre trois thématiques différentes. Les 27 « débutants » ont suivi une session sur les fondements de la foi catholique. Comme Fabien, 37 ans, converti il y a cinq ans et venu « structurer » sa pratique chrétienne car, dit- il, « mes connaissances de base restent éparses ». Luc 29 ans, est déjà un « ancien » de l’été dernier : cette année, avec 13 autres jeunes, il a réfléchi sur le Christ et la Bible. Cet interne en chirurgie, catéchiste dans un lycée, est lui aussi devenu un fan du « quodlibet » : « C’est du concret ! ».
Les anciens stagiaires, depuis la session 2008, ont même inventé un prolongement Internet pour poursuivre l’expérience tout au long de l’année : ils s’envoient des « quodlibet » au sein d’un groupe créé sur Google. « Cet hiver, avec la crise intégriste, j’ai senti que j’avais besoin d’être mieux armée pour répondre à certaines critiques, et ça m’a vraiment aidée », confie Juliette. Emballée par les « labos de la foi », la jeune femme, originaire du diocèse de Bordeaux, a présenté l’initiative au Cardinal Jean-Pierre Ricard, qui réfléchit actuellement à son importation dans son diocèse.
Voir en ligne : Voir les photos des labos 2009
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